Après avoir déjoué tous les pronostics et surmonté les innombrables obstacles dressés sur son chemin, Haïti a brillamment obtenu sa qualification pour sa deuxième Coupe du monde. Cet exploit aux allures de fête nationale a retenu l’attention de tous les Haïtiens et marqué l’esprit de nombreux amateurs de football à travers le monde.
À l’issue du tirage au sort, les Grenadiers se sont retrouvés dans un groupe particulièrement corsé pour la phase de groupes. L’Écosse, 42e nation mondiale et habituée des grandes compétitions, le Maroc, demi-finaliste de la dernière édition et 7e au classement mondial et le Brésil, quintuple champion du monde et monument du football international, sont les adversaires à désarçonner pour espérer poursuivre l’aventure et attirer davantage de regards positifs sur ce pays meurtri, qui ne peut compter que sur le sport, la littérature et la culture pour forcer le respect. Depuis l’épopée du 18 novembre 2025 à Curaçao, la sélection haïtienne n’a cessé d’impressionner. Les succès enregistrés lors des matchs amicaux face à des équipes mieux classées, ainsi que l’arrivée de binationaux évoluant dans les grands championnats européens, ont ravivé l’espoir de tout un peuple.
C’est donc une équipe pleine d’ambition et de promesses que les Haïtiens et les observateurs du monde du football attendaient ce 13 juin au Gillette Stadium. L’ambiance était tout simplement ahurissante à l’intérieur et aux abords du stade. Un commentateur d’une chaîne de télévision américaine s’est écrié : « Une foule massive d’Haïtiens a envahi les rues de Boston. » À 21 heures, le décor était planté. Le public était au rendez-vous. Toutes les conditions semblaient réunies pour garantir la réussite et le bon déroulement de cette rencontre: un stade moderne, une organisation impeccable, des installations de qualité, des moyens techniques à la hauteur des exigences du football contemporain et un dispositif arbitral complet. Tous les éléments étaient présents… sauf un. La VAR. Cette technologie, introduite pour assister les arbitres dans leurs décisions, corriger les erreurs et réduire les injustices qui peuvent influencer l’issue d’un match, était censée constituer une garantie supplémentaire d’équité. Pourtant, ce soir-là, elle brillait par son absence.
Et c’est précisément cette absence qui allait alimenter les débats, les frustrations et les interrogations. La rencontre entre Haïti et l’Écosse a provoqué une vague d’indignation dans la presse internationale, tant les décisions arbitrales ont semblé défavorables à la sélection haïtienne. Le Parisien parle d’un véritable « scandale arbitral », tandis que RMC Sport estime qu’Haïti a été « plombée par l’arbitrage ». So Foot souligne que les Grenadiers ont été lésés à plusieurs moments décisifs de la rencontre. Parmi les faits les plus contestés figurent deux penalties pour des fautes de main jugées irrécusables qui n’ont pas été accordés, ainsi qu’une bousculade évidente sur Frandy Pierrot dans la surface de réparation ignorée par l’arbitre. Plusieurs autres actions litigieuses où les décisions semblaient devoir profiter à Haïti, ont été sifflées en faveur de l’Écosse.
Le scandale a également gagné l’Argentine, où Olé dénonce la « première polémique du Mondial 2026 », son édition américaine relève l’incompréhension des observateurs face à certaines décisions, notamment lorsque l’arbitre a semblé punir la victime plutôt que l’auteur de la faute sur Ruben Providence. Plus grave encore, un acte d’antijeu d’une extrême violence contre Josué Casimir qui justifiait un carton rouge n’a été sanctionné que d’un simple avertissement. Au Royaume-Uni, The Sun estime qu’Haïti peut légitimement se sentir flouée et que l’Écosse a bénéficié d’une certaine réussite grâce aux décisions arbitrales. Fait encore plus révélateur : le Scottish Sun reconnaît que plusieurs actions importantes ont été mal arbitrées. Cette rare convergence de critiques venues de médias internationaux renforce l’idée que le résultat du match a été fortement influencé par des erreurs d’arbitrage qui ont privé Haïti d’une issue favorable. Le plus troublant dans cette affaire n’est peut-être pas l’erreur arbitrale elle-même, mais l’absence totale de réaction des instances censées garantir l’équité de la compétition. Alors que les contestations se sont multipliées après la rencontre entre Haïti et l’Écosse, ni la FIFA, ni la CONCACAF, ni même la Fédération haïtienne de football n’ont jugé nécessaire d’apporter ou de demander des clarifications.
Cette inertie contraste fortement avec la rapidité dont la FIFA est capable de faire preuve dans d’autres dossiers. Lors du match Allemagne-Curaçao, des images de l’arbitre assistant australien Shaun Evans semblaient indiquer qu’il effectuait un geste de suprémaciste blanc. En moins de vingt-quatre heures la FIFA a ouvert une enquête et l’a blanchi.
Pourquoi une telle diligence dans un cas et le silence absolu dans l’autre ? Dans le dossier haïtien, Plus de 300 000 personnes ont pourtant signé une pétition réclamant des explications. Le paradoxe est poussé à son comble lorsque l’on constate que l’opérateur de la VAR du match Haïti-Écosse est à nouveau désigné pour superviser la rencontre Haïti-Brésil. Une décision qui déjà fait peser de forts soupçons sur le sort d’Haïti.




