Port-au-Prince, juillet 2026 – Au Studio Théâtre En Lisant, les mots ne seront pas de simples assemblages de lettres. Ils deviendront souffle, mémoire et espérance. Du 20 au 25 juillet 2026, l’écrivain et poète Ricardo Boucher convie une nouvelle génération à un voyage où l’écriture et la performance poétique se rencontrent sous le thème évocateur : « Bote anba lavil ».
Plus qu’un atelier, cette initiative se présente comme une traversée artistique destinée à révéler le potentiel créatif de jeunes femmes et de jeunes hommes désireux d’affiner leur écriture, de donner corps à leur voix et d’habiter la scène avec la puissance des mots.
Pour Ricardo Boucher, ce thème n’est pas le fruit du hasard. Il est né d’un souvenir, d’une blessure et d’un profond attachement à la ville qui l’a vu grandir.
« J’ai choisi ce thème parce que je suis un enfant de Port-au-Prince. Ma mère vendait anba lavil. Je me souviens encore de cette symphonie de couleurs, des voix des marchandes, des sourires, des rencontres, de cette vie qui faisait battre le cœur de la capitale. Aujourd’hui, les rues se sont vidées, les pas se sont éloignés. Je me demande : où est passée cette ambiance ? Et cette question me fait profondément mal. »
À travers « Bote anba lavil », Ricardo Boucher invite les participants à faire de la poésie un acte de mémoire. Écrire devient alors une manière de résister à l’oubli, de recueillir les fragments d’une ville meurtrie et de rappeler que derrière les blessures de Port-au-Prince subsistent encore des histoires, des visages et une beauté qui refuse de disparaître.
Durant six jours, les participants exploreront les multiples facettes de la création poétique : l’écriture, l’interprétation, la présence scénique et la force évocatrice de la parole. Chaque texte sera une tentative de redonner une voix à un espace que les crises ont peu à peu réduit au silence.
L’expérience culminera le 25 juillet par une marche poétique reliant le Studio Théâtre En Lisant au Lycée Marie-Jeanne. Au rythme des vers déclamés dans les rues, les participants porteront un message d’espérance : celui d’une ville qui, malgré les blessures du temps, mérite de retrouver son éclat.
Car au fond, « Bote anba lavil» ne raconte pas seulement un quartier. Il raconte une mémoire collective, une identité en quête de renaissance. Il rappelle que lorsque les rues perdent leur lumière, il reste toujours la poésie pour rallumer les consciences.
Dans un pays où l’urgence occupe souvent toute la scène, Ricardo Boucher choisit de répondre par la force des mots, convaincu que la culture demeure l’un des derniers refuges capables de réconcilier un peuple avec son histoire et de redonner à la capitale le droit de rêver à nouveau.




